Existe-il une réelle concurrence pour Roger Federer ? Alors que nombre d'observateurs jugeaient le champion Suisse moins dominateur depuis la naissance de ses jumelles, le numéro 1 mondial a remporté l'Open d'Australie devant Andy Murray.

Roger Federer Une victoire nette en trois sets (6-3 / 6-4 / 7-6 (11)), voilà qui devrait répondre à toutes les interrogations concernant la capacité de Roger Federer à se dépasser après son quinzième titre du Grand-Chelem (Wimbledon 2009) et la naissance de ses jumelles.

Souverain face à un Andy Murray décevant hormis une légère rébellion dans la troisième manche, le numéro 1 mondial accroche un seizième Majeur à son palmarès, repoussant l'ancien détenteur du record Pete Sampras à deux longueurs. Federer devient également le second joueur de l'ère Open à remporter l'Open d'Australie pour la quatrième fois, après André Agassi qui était également le dernier père de famille à s'être imposé.

L'habitude des grands rendez-vous

Le Suisse s'impose pour la quatrième fois à Melbourne et se met en position idéale pour réaliser son grand défi : le Grand-Chelem, c'est à dire le gain des quatre tournois du Grand-Chelem sur une même saison. Pour y prétendre, Federer devra préserver en Juin sa couronne la plus délicate : Roland-Garros.

Une victoire acquise sans difficulté majeure tout au long de la quinzaine à Melbourne pour le meilleur joueur de l'histoire. Après une légère frayeur lors de son premier tour face à Igor Andreev, Federer est parvenu à hausser son niveau de jeu dès que l'adversité se faisait plus présente, notamment après avoir lâché un set à Nikolay Davydenko puis un match parfait contre Jo-Wilfried Tsonga.

Andy Murray, rattrapé par la pression de devenir le premier Britannique depuis Fred Perry a décroché un titre du Grand-Chelem, n'a pas tenu ses promesses d'avant match et a complètement abandonné les deux premières manches avant un sursaut d'orgueil dans le dernier set. Là encore, l'Ecossais a affiché une grande crispation, laissant échapper cinq balles de deux sets à un et une occasion de relancer le match... "Je peux pleurer comme Roger... Malheureusement je ne peux pas jouer comme lui", lançait Murray, forcément très déçu alors qu'il disputait sa seconde finale d'un Majeur (la première remonte à l'US Open 2008, devant un certain Federer, déjà...), la vingt-deuxième pour son bourreau du jour.

"J'ai joué certainement mon meilleur tennis cette semaine. C'est mon premier Grand Chelem en tant que père. J'espère que mes filles seront dans la tribune l'année prochaine, ce serait extraordinaire", ajoutait tout sourire Roger Federer, qui a affiché une décontraction et une aisance déconcertante durant toute la quinzaine.

Un double visage

Battu six fois sur dix confrontations par Andy Murray, le Suisse a encore prouvé qu'il n'est jamais aussi redoutable qu'en Grand-Chelem. En finale d'un Majeur, seul Juan-Martin Del Potro (US Open 2009) et Rafael Nadal ont réussi l'exploit de battre le numéro 1 mondial. L'Ecossais, transparent pendant deux sets, avait pourtant relevé la tête dans le dernier acte en réalisant plus de coups gagnants que le Suisse (25 contre 22 et le même nombre de fautes directes, 18), mais c'est au service que le futur numéro 3 mondial n'a pas été à la hauteur. Avec seulement 55% de premières balles, impossible de distancer Federer qui, au contraire, s'accroche et revient dans la troisième manche grâce à de grosses premières balles, pour finalement s'imposer

En sanglots lors de la remise des prix, Andy Murray sait qu'il n'a pas saisi sa chance. L'an passé, c'était Federer qui se laissait submerger par l'émotion d'une nouvelle défaite face à Nadal. Une époque qui semble bien lointaine...

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